Rapport d’enquête technique sur la sortie de route, suivie d’un incendie, d’un véhicule électrique le 12 octobre 2024 à Celles-sur-Belle (79)

Le samedi 12 octobre 2024 à 22 h 23, après avoir dîné au restaurant, le conducteur d’un véhicule léger (VL) de marque TESLA de type Model S en version Plaid a emmené trois passagers, employés du restaurant ayant terminé leur service, pour faire un tour.
La température extérieure était positive, il ne pleuvait pas et il faisait nuit. La route départementale 948 contournant l’agglomération de Celles-sur-Belle était sèche.
À 22 h 35, les services de secours (CODIS 79) ont reçu un appel téléphonique d’une personne arrêtée au bord de la route à côté du véhicule en feu. Les traces de pneumatique sur la chaussée et dans le bas-côté enherbé, et les divers débris sur la zone de l’accident, indiquent que celui-ci est sorti de la route du côté droit, possiblement en léger dérapage de l’arrière, suivant un angle faible d’environ 5° par rapport au bord de la chaussée, à environ 150 m en amont du lieu où il s’est arrêté. Dans le bas-côté, il a heurté violemment le poteau d’un ensemble de signalisation routière qui a pénétré l’avant droit du VL sur une distance d’environ 60 cm, qui s’est ensuite plié venant probablement heurter l’avant gauche du pare-brise, puis qui s’est arraché de son socle. Le véhicule a continué à glisser dans le fossé sur une centaine de mètres.
Le premier témoin qui a lancé l’alerte n’a pas distingué si des occupants étaient à l’intérieur, mais a indiqué que les portes et les vitres du véhicule étaient fermées.
Plus d’une tonne d’eau et deux camions de lutte contre l’incendie ont été utilisés pour éteindre ce feu de véhicule électrique.
Quatre corps calcinés ont été extraits du véhicule par les secours, dont la cause du décès est, selon les services de médecine légale, l’inhalation de gaz toxiques dont du monoxyde de carbone mesuré à hauteur de 80 % dans le sang des victimes.

La sortie de route est probablement la conséquence d’une perte de contrôle du véhicule due à une accélération brusque et forte, que le conducteur sous l’empire de l’alcool avec un taux de 1,32 g/l n’a pas pu maîtriser. La vitesse de choc du poteau a été estimée à environ 120 km/h, certainement fortement en dessous de la valeur réelle compte tenu des hypothèses de calcul.
L’intrusion du poteau dans le véhicule a entraîné une détérioration significative de l’avant de la batterie haute tension. Un incendie s’en est rapidement suivi entraînant la destruction totale du véhicule.
Certains éléments dans l’enchaînement des évènements restent toutefois incertains.
Aucune donnée n’a été transmise par le véhicule à TESLA, aucun appel eCall n’a été reçu au CODIS, contrairement à ce qui aurait dû théoriquement se passer après la survenue du choc entre le VL et le poteau de signalisation.
Le scénario le plus probable retenu par le BEA-TT est une perte complète de l’alimentation électrique basse tension du véhicule. En cas d’absence de cette alimentation, l’ouverture des portes doit être manuelle. Les systèmes d’ouverture prévus semblent peu intuitifs et pour ceux à l’arrière cachés car placés sous les sièges et sous le revêtement intérieur du véhicule.

Ne pouvant analyser les données du véhicule suite à l’incendie, le BEA-TT formule néanmoins des recommandations de sécurité dans les domaines du traitement des obstacles latéraux, de l’ergonomie des systèmes d’ouverture manuelle des portes, des performances de conduite sur route ouverte à la circulation publique de ce type de véhicules, et des capacités de résistance à la chaleur de l’enregistreur de données de route (EDR) imposé par la réglementation.

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