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Les enquêtes techniques

Résumé du rapport final

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publié le 6 décembre 2006 (modifié le 31 mars 2008)

Le déraillement d’un train corail survenu à Saint-Flour

Le samedi 25 février 2006, le train Corail 5941 Paris-Béziers circulant sur la section de ligne à voie unique Neussargues-Béziers déraille au point kilométrique 692,480 sur la commune de Saint-Flour (département du Cantal). A cet endroit, la voie est en courbe de rayon 296 m, en légère déclivité. L’ensemble du convoi déraille (la locomotive et les trois voitures), la locomotive et la première voiture sont projetées contre la paroi rocheuse.

Deux blessés légers sont à déplorer parmi les voyageurs ; le matériel roulant et l’infrastructure sur 100 m sont fortement dégradés.

La cause directe de cet accident provient de la rupture du rail de la file extérieure de la voie en courbe, au droit d’une soudure aluminothermique. Aucun signe avant-coureur n’était apparu dans le rail qui aurait pu être détecté par les examens périodiques aux ultra-sons. Cette rupture, ainsi que la perte d’une attache, ont entrainé un désaffleurement important entre les abouts du rail rompu lors du passage du train, provoquant son déraillement.

Cet accident trouve ses origines dans le caractère obsolète de la voie et dans une politique de maintenance inadaptée.

Cette voie, équipée de rails "double champignon", est vulnérable aux risques de déraillement en cas de rupture du rail et il n’existe plus d’éléments de remplacement pour renouveller ce rail "hors d’âge". En outre, le travelage réduit contribue à accroître les efforts subis par le rail. Le ballast ayant quasiment disparu ne permet plus de maintenir un nivellement correct de la voie.

La politique de maintenance ayant écarté toute régénération (méthode du "plancher continu"), le nombre de soudures en voie a augmenté du fait de l’absence de remplacement du rail, créant des points de fragilité, et la substitution au coup par coup des traverses bois anciennes a fait apparaître le phénomène de danse à cause de l’impossibilité d’apporter du ballast pour refaire le nivellement.

Ces constatations conduisent à formuler des recommandations concernant :
- à court terme, l’établissement d’une méthodologie, pour circonscrire des « zones particulières » où la vitesse des trains serait réduite afin d’éviter le déraillement en cas de rupture de rail « double champignon ».
- le remplacement, autant que possible, du rail par barres entières en cas de dégradation au lieu d’opérer une soudure, cette mesure nécessitant au préalable de récupérer des rails « double champignon » encore sains,
- l’établissement d’un programme de remise à niveau des lignes équipées de rails « double champignon », où le remplacement des traverses est associé à un relevage du ballast,
- à terme, la régénération du rail « double champignon » par du rail Vignole.


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